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(...) Dans le projet
d'Oscar Molina se produit une inversion des concepts auxquels l'histoire
de l'art -et en particulier la photographie- a été
liée depuis les temps passés. Avec la naissance du
mouvement conceptuel, au milieu de années septante, et spécialement
dans certaines propositions minimalistes, quelques-unes de ces questions
ont été mises en doute. La photographie s'est mise
à documenter ou à témoigner de certaines pratiques
créatives de caractère éphémère
et la dématérialisation artistique a trouvé
dans l'appareil photo un précieux allié. Dans Photolatente,
cependant, la photographie devient le processus même, elle
n'est plus quelque chose qui lui est externe et en conséquence
ne constitue pas uniquement un témoignage visuel; elle apparaît
comme la trace matérielle d'une proposition opérationnelle
qui me l'accent sur le processus et s'offre de manière conceptuelle,
car l'image à l'état latent se cache dans une enveloppe
opaque, laissant aux mains d'un tiers la possibilité de la
rendre o non visible.
Il se produit alors un élargissement des
coordonnés spatiales et temporelles, de telle manière
que l'expérience du créateur va au-delà, reliant
celle de centaines de participants qui réalisent les prises
de vues photographiques et les milliers de propriétaires
d'enveloppes Photolatente. Il n'y a pas de chronologies spécifiques
ni de topographies concrètes, nous ne savons pas qui a réalisé
les prises de vues ni ne connaissons les motifs iconographiques
capturés par celles-ci. L'un des aspect les plus intéressants
du projet est précisément son caractère nomade
et la capacité qu'il démontre de générer
des déplacements entre tous les éléments et
personnes impliquées: le créateur du projet, les auteurs
des images, l'éditeur et le récepteur final. Le processus
s'enrichit avec les apports de chacun, mais la perception et les
réflexions qui en découlent a posteriori sont différentes
dans chaque cas. (...)
© Marta Mantecón, 2006
Texte complet dans le catalogue du CN Foto de Torrelavega |